Union des Comores

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Présidence de la République

Discours du Chef de l'Etat SEM AZALI Assoumani, à l'occasion du lancement de la campagne vanille 2018-2019

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-         Excellences,

-         Mesdames et Messieurs,

-         Honorable assistance.

C’est avec un grand plaisir que je prends part à cette cérémonie de lancement de la campagne vanille de cette année pour marquer une fois de plus, l’importance économique et sociale de ce produit pour notre pays.

Comme à l’occasion de la première édition de la Journée Nationale de la Vanille, que j’ai instauré en septembre 2016 ou lors du lancement de la campagne vanille 2017 et d’inauguration de l’Office National de la Vanille en juin 2017, j’ai tenu à être présent avec vous.

En effet, il ne s’agit pas seulement de la fixation et de l’annonce du prix de la vanille.

Il s’agit aussi et surtout, d’une opportunité désormais annuelle, de mettre en valeur nos agriculteurs et leur métier, encourager le monde rural et relancer nos cultures de rente.

Le choix du plateau de Diboini, est particulièrement bienvenu, non seulement parce qu’il représente ce milieu rural qui nous tient tant à cœur, mais aussi une localité dynamique qui, depuis 2014 a lancé des travaux de développement de l'agriculture.

Je remercie ainsi les habitants de Diboini, de Hamanvou et de toute la région d’Itsandra, pour leur mobilisation, leur accueil et pour l’exemple qu’ils donnent en matière d’agriculture et de développement rural.

Il s’agit enfin d’honorer en général nos producteurs, nos préparateurs et nos exportateurs de vanille qui sont des acteurs clés du développement de notre pays.

Merci à toutes celles et ceux qui, hier et aujourd’hui, ont, par leur patient travail de culture, de cueillette, de préparation et d’exportation, fait des Comores, le deuxième producteur mondial de cette Vanille de la variété bourbon, reconnue dans le monde par sa qualité naturelle.

Je remercie cette si nombreuse assistance, d’avoir bien voulu faire le déplacement à Diboini, dans le cadre de cet événement, pour leur rendre hommage.

Merci d’avoir bien voulu venir manifester avec nous notre volonté de faire de l’amélioration des conditions de vie des producteurs et de leurs familles et de la promotion des prix de nos trois produits phares, la vanille, le girofle et l'essence d’ylang-ylang, des outils de développement.

Je félicite le Directeur de l’Office Nationale de la Vanille, Al Kadafi, qui a su mettre son dynamisme, son expérience et ses qualités humaines, au service de cette filière ; sans oublier le Ministère de l'agriculture et son dirigeant, mon fils Moustadrane Abdou.

Chers Producteurs,

Au cours des trois dernières campagnes vanille, nous avons bénéficié d’une hausse constante des prix de la vanille.

Cet accroissement de la rémunération des producteurs n’est que justice et compensation de leurs efforts. 

Toutefois, nous devons veiller à ce que la conjoncture favorable actuelle, contribue à long terme, à l’amélioration du cadre de vie des populations rurales.

Nous devons également envisager le jour probable, où les prix, au niveau mondial, viendraient à baisser à nouveau ou chuter, comme nous en avons connu l’amère expérience, pour prévoir des mesures adéquates.

Pour cela, nous devons concevoir et faire évoluer une économie de la vanille durable,

-         respectueuse de l’environnement,

-         et capable d’assurer l’amélioration continue des revenus et de la qualité de vie des acteurs de la filière   de notre pays, en particulier les producteurs et leurs familles.

Les Comores doivent partir à la conquête de leur place dans le secteur.

Lors de mon dernier mandat, la production des Comores était de 150 tonnes, environ. Nous devons avoir cela comme objectif pour les 10 prochaines années.

Il nous faut donc mettre en place d’une manière urgente des stations de multiplication de lianes pour remplacer au fur et à mesure les vielles lianes pour ainsi booster la production de vanille verte.

Il nous faut aussi agir avec sévérité contre les récalcitrants qui continuent encore à mettre le feu dans nos champs avec des risques inconsidérés pour notre agriculture et notre sécurité.

Nous devons mettre en place un dispositif réglementaire innovant qui protège encore davantage les acteurs de la filière et les exportations de notre pays.

Des mesures d’accompagnement doivent être proposés pour améliorer sensiblement la qualité de notre vanille et nous spécialiser dans les marchés-niches à forte valeur ajoutée.

L’office National de la vanille a donc ici un rôle fondamental à jouer, au-delà de son rôle plus que nécessaire de régulateur des marchés.

Honorable assistance,

Nous sommes ici pour fixer le prix de la vanille. Et l’État a dû encore fois faire des sacrifices, notamment dans ses recettes pour pouvoir offrir un prix stable, considérant la conjoncture.

Mais nous devons dans les réformes, réfléchir à notre manière de construire la structure de prix de la filière vanille. La contribution solidaire de l’ensemble des acteurs doit être plus conséquente et ainsi pouvoir mieux faire face aux périodes difficiles, mais aussi et surtout pour constituer un fonds de la réhabilitation du secteur.

Nous devons enfin avoir des taxes forfaitaires en étroite concertation avec tous les acteurs, et les ministères de la production et celui des finances, pour faire face à la compétition internationale.

Et puisque nous parlons des acteurs économiques et de compétition, je sais que le monde économique de notre pays a beaucoup d’attentes et compte sur mon gouvernement pour les protéger et les accompagner.

Ils peuvent bien évidemment compter sur moi, mais je les exhorte à ne pas craindre les réformes, parce que l’absence de réformes est un signe de régression et donc de déclin économique.

Je leur demande d’accompagner l’audace et de nous aider à réformer notre pays en ayant un esprit novateur et ainsi pouvoir faire face à la mondialisation et à notre appartenance aux marchés économiques de la région tels le COMESA et la SADEC.

Mesdames et messieurs et chers amis agriculteurs,

je sais que la fixation du prix de la vanille aujourd’hui, va encore une fois augmenter les risques de vol dans vos champs.

Je demande solennellement au Procureur de la République d’agir avec la plus grande fermeté et en étroite collaboration avec la gendarmerie et la police nationales pour protéger nos agriculteurs et traduire les voleurs en justice.

Mesdames et Messieurs,

tout comme pour le secteur de la vanille, notre pays a besoin de réformes, même si d’aucuns veulent vous faire croire le contraire.

Nous ne pouvons pas faire avancer notre pays, en restant nous-mêmes immobiles. Cela est paradoxal.

Le sous-développement puise sa force dans l’immobilisme, dans le manque d’audace, et dans l’absence de créativité.

Et lors des assises nationales, vous avez été des milliers de comoriens à défendre cette soif de changement pour l’intérêt supérieur de notre pays.

Cette volonté, je l’ai entendue, et je l’ai comprise. Ce changement nous le ferons ensemble. Ce changement nous le devons pour les générations à venir. Et nous n’avons le temps d’attendre, parce que le monde ne nous attendra pas.

Les recommandations issues des assises nationales sont des actes fondateurs d’une nouvelle République tournée vers le développement socio-économique et l’émancipation de notre jeune Nation.

Et c’est pour cela que je vous appelle à la mobilisation pour faire entendre cette voix souveraine du peuple comorien, dans le référendum du 30 juillet prochain.

Ainsi, je vous demande de ne pas écouter les voix de la discorde !

Vous avez sans doute retenu, que ces dernières semaines, tous les acteurs et responsables politiques de notre pays, qui sont au pouvoir ou dans l’opposition, ou  dans les deux à la fois, se sont focalisés sur la mise en œuvre des recommandations des Assises Nationale et le Référendum du 30 juillet prochain.

Ils ont tout à fait raison car c’est un rendez-vous crucial pour notre pays et nos institutions.

Pour ma part, je veillerai à ce que cette échéance se déroule dans la sérénité, la perfection, la paix, la stabilité et la concorde nationale.

Je ne verserai rien dans les débats théoriques, ni les polémiques, ni les controverses et encore moins dans la politique politicienne.

Ainsi, je ne répondrai aux provocations mais je demanderai à tous de renoncer à une chose : vouloir empêcher les comoriens de se prononcer, ou troubler la tenue ou le déroulement paisible de cette consultation.

Mon devoir, en ce moment charnière de l’évolution de notre pays, est d’user de tout ce qui en mon pouvoir, pour instaurer une réconciliation durable des Comoriens, consolider l’Unité nationale, la Cohésion sociale.

Mon devoir est de continuer les chantiers de construction de nos infrastructures, routières, portuaires, aéroportuaires, ou hospitalières et des projets de développement prioritaires du Gouvernement, à même d'améliorer la vie de nos compatriotes.

C’est la meilleure réponse à apporter face aux attentes des Comoriens.

J’ai été élu pour agir, non pour discourir. C’est ce que j’essaie de faire depuis deux ans.

Alors, je ne ferai pas rêver les Comoriens par des projets illusoires mais j’agirai pour leur apporter du concret dans le sens d’une meilleure vie quotidienne, de leur bien-être et de l’intérêt national.

Honorable Assistance,

Mesdames et Messieurs,

Je reviens à l’objet de cette cérémonie et, pour terminer, j’ai le grand plaisir de vous annoncer qu’après de longues négociations responsables entre les autorités et les acteurs de la filière vanille, nous avons décidé de concert de fixer le prix minimum de la vanille à 20.000frs le kilo pour la campagne principale 2018-2019.

Je prie Allah pour que cette année, soit, tout comme les deux dernières années, une année fructueuse et prospère.

Sur cette bonne nouvelle, je lance campagne vanille 2018-2019.

 Je vous remercie