MOSCOU, 28 – 29 octobres 2026
C’est un réel plaisir pour moi de prendre la parole aujourd’hui, à l’occasion de ce 3ème grand rendez-vous entre l’Afrique et son partenaire historique, la Fédération de Russie.
Permettez-moi, à l’entame de mon propos, d’exprimer ma profonde gratitude à Son Excellence le Président de la Fédération de Russie, ainsi qu’au peuple russe, pour la qualité de l’accueil et l'organisation remarquable de ce sommet.
Honorable Assistance,
Ce Sommet se tient à un moment charnière où le monde se trouve fortement secoué par de nombreuses menaces qui fragilisent la paix et la sécurité internationales, notamment la multiplication des conflits et les tensions géopolitiques qui affectent encore plus les pays en développement et, en particulier les Petits Etats Insulaires en Développement.
Notre présence ici témoigne, ainsi, de la volonté partagée de nos pays, d’ouvrir de nouveaux horizons pour un partenariat stratégique fondé sur le respect mutuel, la solidarité agissante et une vision commune de l'avenir, bâtie sur le socle de la souveraineté, de l’intégrité et du développement de nos Etats.
C’est dire tout notre intérêt d’œuvrer et d’agir ensemble pour une coopération renouvelée et pragmatique qui nous permettrait de faire face aux mutations géopolitiques et économiques actuelles.
Pour les Etats insulaires en développement comme l’Union des Comores, ainsi que pour l'ensemble du continent africain, l’intégration économique n'est pas un slogan : c'est un impératif majeur d'indépendance et de dignité.
L’Union des Comores a intégré la Zone de Libre Echange continentale Africaine et compte mettre à profit l’opportunité de cette cette adhésion, pour diversifier son économiqe et son industrialisation et renforcer sa sécurité alimentaire et énergétique.
Pour que cette intégration soit réelle, pour mon pays comme pour tous les autres Etats du contient, le respect de l’intégrité territoriale de nos Etats reste un préalable pour que nous puissions nous atteler à construire un meilleur avenir pour nos populations.
A cet égard, l’Afrique doit pouvoir mieux valoriser ses ressources énergétiques, développer ses infrastructures, avoir accès aux engrais agricoles pour contenir et atténuer les conséquences des chocs extérieurs vis-à-vis de nos fragiles économies et créer des emplois pour sa jeunesse.
Nos pays souhaitent ainsi, promouvoir des partenariats mutuellement bénéfiques, avec la Fédération de Russie et tous les autres partenaires.
C’est pourquoi, un changement d’approche et de méthode, en un mot, de paradigme, est nécessaire car nos pays ont besoin d’investissements directs étrangers qui soutiennent la transformation locale, le développement des infrastructures portuaires et maritimes et le renforcement des chaines de valeurs régionales.
Mesdames et Messieurs,
La plus grande richesse de notre continent reste, sans nul doute, nos jeunes qui font que l’Afrique reste le continent le plus jeune du monde
Ce capital humain doit être mis en valeur, en ce sens qu’il est au cœur du développement durable de nos pays.
L’éducation et la formation professionnelle adaptées aux besoins de nos économies nationales constituent l’une des clés de voute de notre réussite.
Il en est de même de la consolidation de nos systèmes de santé qui ont besoin de transfert de compétences, pour répondre aux défis liés aux maladies, aux pandémies et aux épidémies
La recherche médicale et l’accès garanti aux traitements et aux vaccins essentiels restent ainsi parmi nos principales préoccupations pour le bien-être de nos populations.
Mesdames et Messieurs,
À l'ère du numérique, la souveraineté d'une nation repose également sur sa maîtrise des nouvelles technologies.
L’Afrique doit, en effet, réaliser son saut technologique pour ne pas rester en marge de la révolution numérique en cours dans le monde.
Ainsi, nous encourageons les partenariats technologiques dans les domaines de la numérisation des services publics, de la cyber-sécurité, de l'imagerie satellitaire appliquée à la gestion du territoire et à la protection de l'environnement marine.
Pour un État insulaire comme les Comores, la technologie est un allié indispensable pour anticiper, entre autres enjeux, les effets du changement climatique, la gestion optimale et rationnelle de l'eau et le développement de l'économie bleue.
Le développement des nouvelles technologies s’est ainsi accéléré avec la mise en place du projet d’appui à la Digitalisation de l’économie comorienne, l’arrivée imminente de la 5G et le renforcement de la cybersécurité et l’action de l’Agence Nationale du numérique.
Outre ce domaine, nous appelons La Fédération de Russie, les pays amis et les organismes de développement, à la construction de partenariats gagnant-gagnant.
En effet :
La dernière illustration des efforts engagés par le Gouvernement comorien dans le domaine du développement des énergies renouvelables comme lesolaire et la géothermie, est la tenue réussie à Moroni, il y a quelques jours, de la 11ème Conférence Africaine sur la Géothermie.
Ainsi, investir aux Comores repose sur plusieurs atouts macroéconomiques, géographiques et réglementaires majeurs.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi de saisir l’opportunité de ce Sommet, pour Vous informer que mon pays, l’Union des Comores aura l’honneur d’abriter les Jeux des Iles de l’Océan Indien de 2027.
J’exprime ici, ma profonde gratitude, au nom du peuple comorien, aux pays amis et aux partenaires qui nous accompagnent dans la réalisation de cet engagement national et régional.
La tenue de ces jeux constitue un moment important pour l’Union des Comores et nous comptons aussi sur le soutien, la solidarité et le concours multiforme de la Fédération de Russie et de tous les pays présents à ce Sommet, pour faire de ces Jeux que l’Union des Comores accueille pour la première fois depuis leur création en 1979, une réussite.
Au-delà de cette priorité, les attentes de l’Union des Comores vis-à-vis de la Fédération de Russie sont essentielles, pour renforcer les relations d’amitié et de coopérations dont nous célébrons cette année le cinquantenaire.
En effet, depuis novembre 1976, la coopération entre les deux pays, qui se sont basée sur le respect mutuel, le soutien à la souveraineté nationale et à l’intégrité territorial de nos pays, doit aujourd’hui se diversifier par un partenariat économique et technique ainsi qu’une coopération éducative et culturelle plus dynamique et des échanges dans les domaines clés de l’agriculture, de la pèche, de l’énergie, du tourisme, du commerce et de la sécurité maritime.
Nous avons ainsi accueilli avec enthousiasme, la volonté de la Fédération de Russie d’ouvrir une ambassade russe à Moroni, comme nous sommes fiers et heureux d’y abriter les ambassades de la République Populaire de Chine, de la République Française et, nous l’espérons, celles des autres membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
Mesdames et Messieurs,
Ce Sommet se tient alors que qu’un génocide se poursuit en Palestine, que des drames se déroulent, sous nos yeux, en Cisjordanie occupée,
L’Union des Comores réitère ici, son appel à la protection des populations civiles à Gaza, à la fin des supplices infligées au peuple palestinien et réaffirme son sourient à la solution à deux Etats, Israël et Palestine, vivant en paix.
Alors que les armes parlent, que les foyers de tensions se multiplient au Moyen-Orient, au Sahel, dans la région des Grands-Lacs, en Amérique latine, en Europe de l’Est et à bien d’autres régions dans le monde, pendant que les Institutions internationales, garants de la force du droit, assistent impuissantes à la progression du droit de la force, les Sommet, comme celui que nous tenons aujourd’hui, constitue ainsi un moment privilégié.
L’Union des Comores soutient ainsi, les efforts diplomatiques menées par le Pakistan et la Chine, en faveur d’une solution pacifique au conflit qui ravage le Moyen Orient et qui impacte le monde entier.
Ce Sommet nous offre aussi le cadre approprié, pour lancer pour appeler les Etats du monde, à transcender les intérêts particuliers et privilégier les aspirations légitimes des peuples du monde, en particulier ceux des Petits Etats Insulaires en Développement, le droit à la vie, à la paix, à la sécurité, au respect des droits humains, au bien-être et au développement.
Face aux profonds bouleversements auxquels le monde fait face, ce Sommet incarne parfaitement notre volonté de sortir de la logique des rapports de force et de privilégier le multilatéralisme et le dialogue, pour relever les défis du dérèglement climatique, de la paix, de la sécurité collectifs et du développement partagé.
Ce Sommet nous offre également l’opportunité de rappeler que L’Afrique a son mot à dire sur les affaires du monde d'aujourd'hui, qui exige un multilatéralisme renouvelé, fondé sur l'égalité souveraine des États et un cadre international plus juste et plus équitable.
C’est pourquoi nos pays, sont favorables aux reformes de l’ONU, notamment pour que l’Afrique puisse occuper la place qui lui revient de droit dans les instances de décision internationales et, en particulier, devenir membre Conseil de sécurité des Nations Unies et siéger au sein des institutions financières internationales.
Nous estimons également que les vulnérabilités spécifiques des nations insulaires doivent également être pleinement intégrées dans les mécanismes mondiaux de financement et de coopération.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Pour terminer, je tiens à réaffirmer que l’Union des Comores croit fermement en un partenariat Afrique-Russie ambitieux, équilibré et tourné vers l'action concrète.
Nous sommes convaincus qu’en conjuguant notre capital humain, nos ressources et le potentiel technologique, nous pouvons bâtir un espace de paix, de sécurité, de prospérité, de bien-être et de développement partagée pour nos pays et nos peuples respectifs.
Je vous remercie.