Discours de Son Excellence Monsieur AZALI Assoumani Président de l’Union des Comores, à l’occasion de l’Ide El-Adha 2026

Publié le 28 Mai 2026
Discours de Son Excellence Monsieur AZALI Assoumani Président de l’Union des Comores, à l’occasion de l’Ide El-Adha 2026

Mutsamudu, le 28 mai 2026 بسم لله الرحمن الرحيم. الحمد لله رب العالمين والصلاة والسلام على أشرف المرسلين ،سيدنا وحبيبنا ومولانا محمد وعلى اله وصحبه وسلم. عيدن الفايزين، سنين بعد سنين مجتمعين غير متفرقين، راضين غير ساخطين. السلام عليكم ورحمة الله وبركاته

 

  • Comoriennes, Comoriens, mes chers compatriotes, 
  • Honorable assistance, 

Nous venons d’accomplir la prière de l’Ide El-Adha.  Qu’Allah agrée nos invocations.

A cette occasion, je voudrais tout d’abord, rendre grâce à Allah qui nous a permis de nous rassembler dans nos mosquées, dans nos villes, nos villages et nos quartiers, dans la paix, la sécurité et la sérénité, d’observer ce rituel religieux de l’Aïd al Kabir et d’accomplir ainsi, une sounna confirmée de notre Noble Prophète, que la paix et la bénédiction soient sur Lui. 

Je voudrais ensuite vous adresser, à toutes et à tous, comoriennes et Comoriens, du pays et de la diaspora, mes meilleurs vœux de bonne santé, de bien-être, de prospérité et de longévité et souhaiter pour notre pays, paix, sécurité et progrès.

D’Anjouan à Ngazidja, de Mohéli à Mayotte, et de la diaspora à chaque foyer comorien, les cœurs se rapprochent et que revive l’esprit de fraternité qui a toujours constitué l’âme profonde de notre peuple.

Honorable assistance, Comoriennes et Comoriens 

Nous célébrons l’Aid El-Adha, alors que le monde, malheureusement marqué par des bouleversements géopolitiques, est secoué par les guerres meurtrières, les extrémismes de tous bords et les catastrophes naturelles.

Prions Allah Le-Tout-Miséricordieux, pour qu’Il nous protège et protège nos pays frères, l’ensemble des pays de la Umma Islamique et pour que le monde renoue avec la coexistence pacifique, favorable au progrès des peuples et des Nations.

Prions en particulier, pour que Le-Tout-Puissant apporte Son secours aux nombreux peuples qui sont aujourd’hui victimes, de génocide, d’exil, de violence ou d’oppression dans le monde et, en particulier, en Palestine, au Proche et Moyens Orient.

Honorable assistance, Mes chers compatriotes

Nous avons traversé ces dernières semaines, des moments difficiles et douloureux, à cause de cette guerre sur l'ensemble du territoire national, à la suite de la décision du Gouvernement de réajuster les prix des    hydrocarbures, pour faire face à la hausse du prix du baril de Brent dans le mode, causée par la guerre au Moyen Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz.

Malgré les mesures d’accompagnement et les discussions engagées avec les mouvements syndicaux, des émeutes se sont produits dans le pays et, à notre grande consternation, deux de nos jeunes ont perdu leur vie.

Au nom de la Nation, du Gouvernement et en mon nom personnel, j’adresse aux familles endeuillées nos condoléances les plus attristées.

Qu’Allah accorde Sa miséricorde aux disparus et apporte patience et réconfort à leurs proches et santé aux blessés.

La justice et les autorités compétentes ont eu l’ordre de faire leur travail afin que toute la lumière soit faite sur ces évènements, dans la sérénité et dans le respect des lois de notre pays pour définir qui est responsable et qui est coupable.

Cette tragédie est venue nous rappeler, qu’aucune divergence, aucune colère ni aucune tension ne devrait jamais conduire un Comorien à perdre la vie dans de telles circonstances. 

Car au-delà de nos opinions, de nos sensibilités ou de nos idéologies, nous appartenons à une même famille familiale  

Je comprends les inquiétudes et les difficultés de la population, confrontée à une conjoncture économique mondiale particulièrement éprouvante. 

Car oui, comme je l’ai dit plus tôt, si la crise est mondiale, notre réponse ou notre solution doit être comorienne.

C’est ainsi que pour sa part, le Gouvernement a entendu la voix du peuple et j’ai donné des instructions nécessaires pour la suspension des mesures prises et trouver des solutions alternatives à cette crise, par la voie du dialogue et de l’apaisement afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens maintenir la paix sociale et la sécurité de notre cher pays.

Je remercie l’ensemble de nos concitoyens, les notables, les   Ulémas, les maires des Communes, les acteurs des secteurs privés et publics, notamment le Président de l’Union des Chambres de commerce et son personnel qui, par un sens aigu des responsabilités, ont permis et favorisé un retour au calme et à la vie normale, dans nos villes et villages. 

Je remercie également, en toute sincérité, Usukani wa Masiwa, le Synaco, les syndicats du secteur de l’éducation et celui de la santé, qui ont accepté de reprendre leurs activités et de privilégier la voie du dialogue. 

Je forme le vœu pour que cet esprit de dialogue, de responsabilité et de dépassement de soi souffle désormais sur toutes les forces vives de la Nation les acteurs politiques, la société civile, la jeunesse porteuse d’espoir, la diaspora, les Ulémas ou les leaders coutumiers.

Mesdames et Messieurs, Comoriennes et Comoriens

Je voudrais exprimer ma profonde tristesse face aux drames et aux actes criminels survenus ces derniers jours dans nos communautés, aux Comores et en France. 

En cette période sacrée, j’adresse nos condoléances les plus émues aux familles endeuillées.

Mais au-delà de ces drames, malheureusement, qui se répètent régulièrement, le moment est venu de nous interroger sur cette mutation négative de notre vivre ensemble et notre identité comorienne. 

La principale question est de connaitre les causes et les origines de ces drames et de cette crise morale car, il vaut mieux prévenir que guérir.

C’est ainsi que j’appelle solennellement chacune et chacun d’entre nous, à faire sienne ces interrogations pour qu’ensemble nous retrouvions les vraies valeurs de notre peuple ancrés dans les valeurs de l’Islam en ce qu’il a de plus élevés : le respect de la vie, la maîtrise de soi, la solidarité familiale, l’écoute et le sens de l’honneur.

Notre diaspora est une richesse immense pour notre Nation. Elle porte haut le nom et la fierté des Comores à travers le monde. Donc, partout où nous vivons, nous avons le devoir, de préserver ce qui fait notre identité : la paix, la retenue, la tolérance, la dignité et le respect de l’autre.

J’appelle chacune et chacun d’entre nous, à rejeter la haine, les divisions, les violences verbales et physiques, notamment sur les nouveaux réseaux sociaux où se propagent trop souvent les fausses informations, pour accentuer les tensions et les humiliations.

Mes chers compatriotes,

L’Aïd El-Kabir coïncide cette année avec la commémoration des deux années de mon second mandat à la tête de l’État et les dix ans de mon retour à la magistrature suprême de notre pays en 2016.

Ces années ont été marquées par de profondes turbulences internationales : crises géopolitiques et sanitaires, catastrophes    naturelles, inflation mondiale, tensions énergétiques et difficultés économiques qui affectant l’ensemble des nations du monde.

Malgré ces difficultés, heureusement notre pays a su s’adapter.

Nous avons poursuivi les réformes nécessaires pour renforcer nos institutions, moderniser nos infrastructures et assainir progressivement nos finances publiques. 

Beaucoup reste encore à accomplir, et nous en sommes pleinement conscients. 

Mais nous gardons intacte notre espoir et détermination à construire des Comores plus fortes, plus justes et plus résilientes.

Dans quelques jours, lors de la prochaine fête du 6 juillet, nous reviendrons plus en détail sur le bilan, les perspectives et les grands chantiers engagés pour notre pays.

Mes chers compatriotes, honorable assistance, 

Alors que nous venons de célébrer le 25 mai, la Journée de l’Union Africaine, je voudrais réaffirmer ici, que les Comores continueront à porter la voix de la paix, du dialogue et de la solidarité sur le continent africain, et dans le reste du monde. 

Notre présidence de l’Union Africaine en 2023 demeure pour nous une source d’inspiration, et de fierté nationale.

Elle constitue un rappel de notre responsabilité au service de l’intégration et de la stabilité du continent. 

Et je saisis cette opportunité, pour renouveler notre reconnaissance aux pays frères du continent et, plus particulièrement aux pays voisins, qui ont toujours soutenu l’unité et l’intégrité territoriale de notre pays, en dépit de l’occupation illégale d’une partie de notre territoire.

Je leur rappelle avec gratitude surtout à nos chers voisins que nous avons toujours placé en eux une confiance absolue et que nous le continuerons à le faire, dans leur appui constant, pour recouvrer notre souveraineté sur l’Ile comorienne de Mayotte.

Leur solidarité qui ne nous a jamais fait défaut, est aujourd’hui autant qu’hier aussi, aussi précieuse que nécessaire.

Mes chers compatriotes,

Notre pays, l’Union des Comores, aura l’honneur d’abriter la 12ème Edition des Jeux des Iles de l’Océan Indien en 2027. 

Il s’agit pour nous toutes et tous, d’un rendez-vous historique et d’un défi majeur à relever, car c’est la première fois que nous accueillons, ces Jeux, ici chez nous depuis leur création en 1979. 

J’en appelle donc au patriotisme, au civisme et l’engagement de chacune et de chacun d’entre nous, pour contribuer à la réussite de ces    Jeux pour en faire un symbole de notre volonté commune de hisser encore une fois notre pays, toujours plus haut et de réussir son émergence socio-économique d’ici 2030. Et nous pouvons et nous devons le faire, pour les jeunes de notre beau pays et pour les générations futures.

Mes chers compatriotes

Le plus précieux héritage que nous puissions transmettre à nos enfants n’est ni matériel ni financier. C’est la paix et la stabilité.

C’est pourquoi j’en appelle solennellement à la responsabilité de tous : acteurs politiques, leaders religieux, notables et société civile, d’ici et de notre diaspora pour leur rappeler, que les débats démocratiques sont légitimes et que les divergences sont naturelles dans toute société vivante. 

Toutefois, rien ne doit nous conduire à détruire notre cohésion nationale.

À l’approche des futures échéances électorales de 2029 et 2030, nous devons préparer un climat politique apaisé, fondé sur le respect mutuel, le dialogue et la confiance dans les institutions républicaines.

Les Comores méritent des débats d’idées et des projets pour   l’avenir, non des affrontements non des divisions permanentes.

Comoriennes et comoriens,

En ce jour sacré d’Ide El Kabir, souvenons-nous du sens profond du sacrifice : savoir renoncer à la haine, à l’orgueil, à la violence, et à l’égoïsme et en toute circonstance accomplir son devoir pour faire triompher le pardon, la patience et l’amour de la patrie.

Prions ensemble pour qu’Allah protège les Comores, bénisse notre peuple et éclaire chacun de nous pour davantage d’unité, de stabilité et de prospérité.

 

Aid Moubarak à toutes et à tous.

Que Dieu bénisse l’Union des Comores.

Je vous remercie.