Sima-Anjouan, Samedi 12 août 2017
Honorable assistance,
Mesdames et Messieurs,
السلام عليكم و رحمة الله و بركاته
J'ai tenu à lancer personnellement la campagne de récolte du girofle de cette année dans notre pays, dans cette ile belle île d'Anjouan, où le girofle est un produit essentiel de l'économie nationale et surtout locale.
J'ai d'autant plus plaisir à le faire, que la reprise du cours mondial de ce produit au cours de ces cinq dernières années, après plusieurs années de chute vertigineuse, continue encore cette année et va contribuer à pourvoir une excellente rémunération aux producteurs.
Mesdames et Messieurs,
Le girofle et les retombées de son prix rémunérateur dans notre pays, participent à la réduction significative de la pauvreté en milieu rural. Un tour de l'île d'Anjouan suffit à s'en convaincre. Les activités génératrices de revenus liées au girofle témoignent de cette magnifique embellie.
Ainsi, je remercie les autorités et les partenaires qui ont initié cette cérémonie, en particulier le Vice-président chargé du Ministère de l'Economie, de l'Energie, de l'Industrie, de l'Artisanat, du Tourisme, des Investissements, du Secteur Privé et des Affaires Foncière qui a la tutelle du projet ACEFR (Amélioration de la Compétitivité des Exportations de la Filière de Rente), mais aussi et surtout le vice-président en charge de l'agriculture, de la Pêche, de l'Environnement, de l'Aménagement du territoire et de l'Urbanisme.
En effet cette cérémonie nous offre à la fois l'opportunité de marquer le lancement de la campagne de récolte et l'occasion de réaffirmer la volonté politique qui est la mienne et celle de mon Gouvernement, pour le secteur, ainsi que l'attention particulière que nous accordons aux filières de rente et à la relance de nos produits phares : la vanille, le girofle et l'essence d'ylang-ylang, notamment.
Cette volonté, nous l'avons matérialisé avec l'ouverture le 17 juin dernier de l'Office National de la Vanille et le lancement de la campagne pour ce produit dont le cours, par la grâce d'Allah le Tout Puissant, connait à son tour une formidable embellie.
Nous pensons que le retournement favorable du marché, doit être l'occasion de mettre en œuvre des politiques publiques de filière, forts des leçons apprises, de l'épreuve de cette dernière décennie, pour conforter le positionnement de notre pays sur le marché mondial.
Nous sommes en effet convaincus que nos trois principaux produits de rente, constituent un puissant levier dans les efforts que nous déployons pour réduire significativement la pauvreté dans le pays en général et en milieu rural en particulier.
Aujourd'hui les Comores exportent, bon an mal an, entre 1700 et 3500 tonnes de girofle. Le prix de ce produit, qui a connu une remontée significative ces dernières années, à la faveur d'une baisse de l'offre mondiale, notamment de l'Indonésie, premier pays producteur et consommateur, a amorcé une chute brutale pour se stabiliser à moins de 3000 FC le kilogramme.
Cette évolution du prix du produit sur le marché, témoigne du caractère instable et erratique du cours et de notre position de preneur de prix sur le marché. En effet, les déterminants du prix (offre et demande) nous échappant totalement.
C'est pourquoi, il y a lieu d'initier des approches qui permettent à la fois de tirer meilleure partie des remontées conjoncturelles du cours du produit, voire de l'ensemble des produits à l'export, et leur stabilisation, marquant le reflux.
C'est entre les deux mouvements du marché, qu'il faut trouver des solutions qui nous mettent à l'abri du mouvement cyclique du marché, notamment lorsqu'il connait une grande amplitude.
Une autre approche consiste à donner localement une valeur ajoutée au produit, que nous exportons jusque là à l'état brut. Il s'agit donc de tenir compte du caractère segmenté du marché avec deux sous-produits : le clou complet, le clou cassé et procéder à un tri. En termes d'ajout de valeur, il nous faut envisager d'extraire l'essence de girofle, à partir du clou et des feuilles.
Nous devons également améliorer la compétitivité du produit par la qualité, dans une démarche qui doit prendre en compte les sources biologiques (stade de plantation) et les sources technologiques (opérations post-récolte). Le choix des variétés est un autre élément important dans une démarche qualité essentielle.
Nous devons en outre prendre en compte d'autres déterminants importants, comme les pratiques culturales, les conditions pédologiques et le microclimat qui influent largement sur la productivité et la qualité des clous.
Nous savons par expérience que le giroflier requiert par nature peu de soins pour une production qui peut s'étaler sur une vingtaine d'années. Or nos plantations ont trop vieilli. Il nous appartient de régénérer les plants de girofliers.
Ainsi, nous avons l'obligation de veiller à la réussite du projet dédié à l'amélioration de la compétitivité des filières de rente, pour mieux orienter et tenir compte des besoins réels des filières et enregistrer des résultats éclatants.
La structuration en coopératives est une chose. La compétitivité des produits est une autre chose qui exige des actes concrets et une démarche ambitieuse et cohérente pour assurer un positionnement optimal du produit girofle et autres produits de rente.
Honorable assistance,
J'exhorte les autorités et le partenaire en la matière, à revoir la chaine des intervenants dans la filière girofle afin de mieux préciser les conditions, les rôles, les responsabilités de chaque intervenant.
Je suis d'avis, qu'un intéressement des principaux acteurs quant aux résultats escomptés, suscitera une grande adhésion.
Il nous faut alors poser des actes forts pour susciter un engagement de l'ensemble des acteurs, pour éviter l'échec, notamment le risque de voir le projet ACEFR rangé au rayon de ces projets à l'affiche ambitieuse mais sans résultats tangibles.
Pour terminer, je suis particulièrement heureux d'annoncer, à l'occasion de cette cérémonie marquant le lancement de la campagne, en plus d'une récolte record en perspective cette année, à la faveur du cycle de production des girofliers, un prix plancher rémunérateur de 3000 FC le kilogramme.
Je vous remercie tous pour votre présence à cette cérémonie qui témoigne de votre attachement au développement de nos filières de rente et je déclare ouverte la campagne de récolte du girofle de cette année dans notre pays.
Je vous remercie.