Union des Comores

Unité - Solidarité - Développement

Présidence de la République

Discours de S.E.M AZALI Assoumani, Président de l’Union des Comores à l’occasion de la célébration du 46ème anniversaire de l’Indépendance

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J’exprime ici la fierté de toutes les Comoriennes et de tous les Comoriens, d’appartenir à une même Nation, qui a décidé, le 6 juillet 1975, de reprendre en main son destin et sa liberté, après 150 ans de colonisation.

Comoriennes, Comoriens,

Mes Chers Compatriotes,

Honorable assistance,

Permettez moi, à l’entame de mon discours,  à l’occasion de la célébration du 46ème anniversaire de l’Indépendance de notre pays,  de rendre grâce à Allah Le Tout-Puissant,  pour tous les bienfaits qu’Il ne cesse de prodiguer à notre pays,  et pour nous avoir permis de nous rassembler aujourd’hui, comme les années passées,  dans la paix et la sécurité,  sur cette Place symbolique de l’Indépendance,   pour la Fête nationale.

J’exprime ici la fierté de toutes les Comoriennes et de tous les Comoriens,  d’appartenir à une même Nation, qui a décidé, le 6 juillet 1975,  de reprendre en main son destin et sa liberté,  après 150 ans de colonisation.

Je rends un hommage mérité,  à tous les acteurs et toutes les actrices  qui ont contribué à la libération de notre pays,  au premier rang desquels Feu le Président AHMED ABDALLAH ABDEREMANE.

J’associe ainsi mes prières aux vôtres, pour sa mémoire  et pour celle de tous ceux et toutes celles  qui nous ont quittés.

Je souhaite longue vie à ceux qui sont parmi nous,  en leur renouvelant notre admiration et la gratitude de toute  la Nation,  pour leur patriotisme, leurs sacrifices  et pour avoir redonné sa dignité au peuple comorien.

Mes Chers Compatriotes, Honorable Assistance,

La Fête du 6 juillet est aussi une occasion annuelle,  de réaffirmer notre droit et notre souveraineté sur l’ensemble de notre territoire national,  y compris l’Ile comorienne de Mayotte.

Nous allons, alors, utiliser tous les moyens légaux et légitimes,à travers le dialogue avec la France, pays ami, afin de parvenir au respect du droit international, conformément à toutes les résolutions pertinentes des Nations Unies et des autres Organisations internationales et régionales, et ce pour l’intérêt de nos deux pays.

La solution appropriée à cette revendication légitime  nous permettra de mettre fin à la tragédie  qui fait du bras de mer entre Mayotte et ses îles sœurs,  le plus grand cimetière marin du monde    avec ses milliers de morts comoriens.

Dans un monde de plus en plus globalisé  et dans cette partie hautement stratégique de l’Océan Indien,  la France et les Comores ont des défis communs à relever, des intérêts communs à préserver  et des risques partagés à juguler.

Cela impose des obligations de résultats pour les deux pays,  liés par un partenariat incontournable,  de par la présence de centaines de milliers de Comoriennes et de Comoriens, de Français et de Franco-comoriens,  sur les territoires français et comorien.

Je voudrais d’ailleurs saisir cette opportunité  pour rappeler queles derniers attentats barbares qui ont frappé le Mozambique,  un pays frère, ami et voisin,  pour lesquels je voudrais réitérer les condamnations les plus fermes de l’Union des Comores,  montrent que le fléau du terrorisme n’a pas de frontières.

Nous devons, alors, faire face, ensemble,  à ce fléau  pour faire du Canal de Mozambique et de la région de l’Océan Indien  un havre de paix, une région stable et sans conflits.

Mes Chers Compatriotes,

Honorable assistance;

Cette année, nous avons voulu à l’occasion de cette fête nationale,   distinguer, celles et ceux qui aujourd’hui,  par leurs talents, leurs prouesses et leurs performances,  honorent notre pays.

En l’occurrence, je voudrais parler de tous les sportifs         comoriens et  bien évidement,  les Cœlacanthes  dont nous sommes fiers,  pour avoir hissé notre pays dans la cour des grands du football,  bien sûr, sous la houlette de leur Coach  Amir ABDOU.

Je voudrais parler également de Madame Samra,  et à travers elle, de tous les artistes qui valorisent les Arts et la Culture de notre pays et,  plus particulièrement,   celles et ceux qui font connaître et aimer les Comores aux jeunes de nos îles,  à l’intérieur du pays et dans la Diaspora.

Ainsi, la Fête nationale du 06 juillet  ne signifie pas seulement célébrer la liberté retrouvée,  mais aussi évoquer les évènements qui valorisent notre pays et son patrimoine.

Il s’agit aussi, de prouver,   qu’un peuple libre,  sait choisir sa voie, s’affirmer dans le concert des Nations  et transmettre le patriotisme aux jeunes générations.

C’est aussi pourquoi, dans le cadre de la Fête nationale de cette année,  nous avons également mis à l’honneur, notre Université, appelée aujourd’hui, à devenir un vecteur de cohésion sociale et de développement économique,  capable de répondre aux besoins de la modernisation des Comores et aux demandes multiples en matière de connaissances nouvelles,  de valorisation de notre culture, de promotion des savoirs  et du savoir-faire nationaux.

J’appelle ainsi à nouveau, l’Université des Comores et la communauté universitaire,  à s’approprier le Plan Comores Emergentes  et à s’impliquer dans sa mise en œuvre.

Mes Chers Compatriotes,

Honorable assistance,

En ce jour d’affirmation de la souveraineté nationale,  nous devons alors,  en tant que peuple qui avons décidé de prendre notre destin en mains,  réaffirmer notre capacité à construire un pays prospère et nous rappeler,  que personne d’autre, aussi bienveillant qu’il soit,  n’agira et ne le fera mieux que nous,   ou à notre place.

Ainsi, c’est à travers l’implication de toutes les forces vives de la Nation  et la préservation des acquis de l’Indépendance,  que nous pourrons renforcer la démocratie, la paix, la sécurité,  la quiétude et la stabilité  qui sont les meilleurs gages du développement socio-économique de notre pays  et de son émergence.

46 ans après la proclamation unilatérale de l’Indépendance du 06 juillet 1975,  nous devons ainsi consolider l’unité nationale,  préserver les acquis de la réconciliation nationale,  et prendre en compte les recommandations des Assises nationales,  pour mieux rentabiliser les potentialités que recèle notre pays,  mobiliser et gérer au mieux nos ressources propres,  et consolider les partenariats tissés avec les pays et les institutions internationales.

Nous devons ainsi combattre la culture du dénigrement systématique de notre pays  et la dévalorisation de l’action de nos prédécesseurs.

Il y a des acquis indéniables de l’indépendance et des avancées sociaux économiques que nous devons consolider,  aussi bien dans le domaine de la Santé, de l'Education et des Infrastructures économiques  que dans le domaine politique, en interne et sur le plan régional et international,  avec l’instauration de la démocratie et du multipartisme,  la participation et la place de notre pays  dans les principales organisations régionales et internationales.

Mes Chers Compatriotes,

Honorable assistance,

Célébrer la Fête nationale c’est aussi magnifier la place et le rôle de l'Islam millénaire de notre pays  qui a toujours soudé la société comorienne, à travers l’école coranique et la doctrine juridique de l’Imam Shafii,  qui a façonné notre jurisprudence, ou le Fiqh, le soufisme et les confréries.

Nous devons alors refuser les extrémismes de tous bords,   l’importation de pratiques et de conceptions étroites de               l’Islam,  les dogmes militants et le prosélytisme des sectes et des groupuscules religieux,  qui mettent en danger la cohésion nationale.

 

 

Mes Chers Compatriotes

J’ai récemment décidé de promulguer le Code pénal national  qui renforce l’arsenal juridique de notre système judiciaire.

Ce Code protège mieux notre pays contre tous les nouveaux dangers,  à savoir les crimes contre l'humanité, la criminalité transnationale organisée,  la traite de personnes et le blanchiment d'argent.

Ce code sanctionne durement  aussi et surtout  les violences et les agressions faites aux femmes et aux enfants.

Par ailleurs, la mise en place effective du Conseil Supérieur de la Magistrature,  pour la première fois depuis l’accession de notre pays à l’Indépendance,  constitue une avancée considérable  dans le perfectionnement de notre système judiciaire.

C’est un organe qui a, entre autres missions,  de veiller au bon fonctionnement de notre système judiciaire,  permettre aux Magistrats d’exercer leurs fonctions dans les meilleures conditions,   garantir leur discipline ainsi que leur indépendance,  pour une justice équitable et sans complaisance.

Mes Chers Compatriotes,

Honorable assistance,

 

La Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés (CNDHL),  que nous avons mise en place en 2019,   est un témoignage de notre détermination à suivre la marche du monde,  pour protéger,  dans un cadre légal,   les droits humains et les libertés publiques  dans notre pays.

 

Elle vient de me transmettre son rapport sur la situation des Droits de l’Homme dans notre pays.

 

 

Je tiens à saluer les activités que mène cette institution depuis son installation,  sur le terrain,  ainsi que l’immense travail de réflexion et d’échanges qu’elle effectue  en partenariat avec les institutions du pays,   pour promouvoir les Droits de l’Homme dans notre pays et obtenir le meilleur classement  auprès des partenaires internationaux.

Mes Chers Compatriotes,

Honorable assistance,

Le dialogue Secteur privé-secteur public a été lancé à Anjouan, le 12 août 2020,  en vue de placer le monde des affaires  au centre de la stratégie du développement économique  de notre pays.

De part et d’autre,  existe la même détermination à construire un partenariat solide,  à la hauteur de l’ambition qui est la nôtre,  de mener notre pays vers l’émergence en 2030.

Dans un contexte de grave crise sanitaire mondiale liée au COVID-19,  qui a mis à rude épreuves toutes les économies,       la synergie entre le monde politique, les secteurs public et privé et les acteurs de la société civile,  constitue le meilleur atout,            pour favoriser la relance économique  et pour faire des Comores, un pays prospère où il fait bon vivre  et y investir.

Les pénuries constatées ces derniers temps doivent nous interpeller  et nous obliger à agir ensemble  afin de parvenir à l’autosuffisance,  dans les domaines où il est possible de le faire.

Comoriennes, Comoriens,

Mes Chers Compatriotes,

Honorable assistance,

Notre pays a traversé bien des épreuves difficiles,  marquées par le mercenariat, la déstabilisation  et le séparatisme.

Lors des Assises Nationales de février 2018,  recommandées par nos sages et nos aînés,  nous avons fait ensemble, le bilan de nos 42 années d’indépendance,  de la période postindépendance et notamment,  celle du Nouvel Ensemble Comorien, de l’Union des Comores, né des Accords de Fomboni, de 2001,  afin de tirer les leçons des échecs successifs.

C’est ainsi que ces Assises inclusives, ont formulé des recommandations, pour transformer notre pays , le sortir de l’instabilité et du sous-développement,  et créer les conditions endogènes de son développement  et de son émergence.

Ainsi, nous avons entamé les réformes institutionnelles  avec le référendum constitutionnel de décembre 2018.

D’autres réformes ont été lancées, pour rendre notre administration plus efficace,  améliorer la gouvernance des affaires publiques, lutter contre la corruption,  libérer les initiatives de développement surtout au niveau des entreprises privées,  diminuer le chômage des jeunes, soutenir la croissance accélérée,  renforcer les acquis démocratiques et l’état de droit,  assurer la paix et la stabilité,   et réaliser l’émergence du pays en 2030.

Ces efforts réalisés ont permis à notre pays,  non seulement d’être reclassé par la Banque Mondiale,  des pays les moins avancés aux pays à revenus intermédiaires  mais aussi d’accéder au poste de Vice-président de l’Union Africaine.

Certes, le COVID-19 a eu un impact négatif et des conséquences néfastes sur l’économie internationale et nationale  et sur la vie quotidienne de toutes les populations

Toutefois,  la gestion maitrisée de la pandémie dans notre    pays,   nous a permis de prendre de nouvelles mesures d’allègement des contraintes liées à cette pandémie,  dans le respect des mesures barrières.

Bien évidemment,  nous devons rester très vigilants et consolider les résultats obtenus jusqu’ici   afin de poursuivre, avec optimisme,  la relance de notre économie,  car le Covid-19 n’est pas encore vaincu.

 

Ainsi,  nous gardons le cap et les mêmes objectifs,  pour favoriser la croissance et améliorer les conditions et le cadre de vie des populations,  en accordant à l’Agriculture, à la Pêche et à l’Environnement,  tout l’intérêt nécessaire.

Pour tout cela  il nous faudra continuer à renforcer et améliorer la gouvernance financière,  disposer de ressources humaines compétentes et motivées  et faire de la jeunesse,  le fer de lance du développement du pays.

Mais comme je l’ai toujours dit,   les ressources les plus précieuses de notre pays, restent la paix, la sécurité et la stabilité   qui sont les conditions sine-qua-non du développement  et de la démocratie.

Voilà pourquoi,  en ce jour de communion, pour toutes les Comoriennes et tous les Comoriens,  j’ose espérer que toutes les forces vives de la nation et les acteurs et actrices de la classe politique de notre pays,  aussi bien de la mouvance présidentielle que de l’opposition,   malgré la diversité des opinions, œuvreront pour qu’un climat d’apaisement s’instaure dans notre pays, pour son développement économique.

Je suis convaincu, que c’est dans le dialogue et la concertation  que nous réussirons à transcender nos différences  et à relever les défis auxquels notre pays fait face.

Je rappelle,  que l’article 36 de laConstitution de l’Union des Comores du 23 décembre 2001,  révisée par le référendum du 30 juillet 2018, stipule  que l’opposition politique est reconnue en Union des Comores  et qu’elle exerce librement ses activités,   dans les limites fixées par la Loi sur les règles concernant, entre autres, le régime des associations et des partis politiques  ainsi que le Statut de l’opposition.

J’appelle donc aujourd’hui, à mettre un terme à la violence, physique et verbale et aux échanges virulents,  qui ont émaillé les milieux politiques de notre pays,  ces derniers temps.

Privilégions le débat constructif et la préservation de l’intérêt supérieur de la Nation.

En ma qualité de Président de la République,  garant des Institutions et premier défenseur de l’intérêt national,  j’entends, pour ma part, tout mettre en œuvre, avec bienveillance et fermeté, pour garantir la paix, la sécurité  et la cohésion nationale.

Mes Chers Compatriotes,

Honorable assistance,

Mesdames et Messieurs,

Plus que jamais, je compte sur vous pour continuer à m’accompagner,  afin que nous puissions relever ces défis ensemble.

Je vous souhaite à toutes et à tous, mes Chers Compatriotes     de l’intérieur et de la Diaspora, une très bonne et heureuse Fête de l’Indépendance.

Vive la République

Vive l’Union des Comores

Qu’Allah bénisse notre pays Insha-Allah.

Je vous remercie.