Union des Comores

Unité - Solidarité - Développement

Présidence de la République

Discours de S.E.M AZALI Assoumani, Président de l’Union des Comores, à l’occasion de l’Atelier sur le thème «l’Université comme vecteur de cohésion et de développement économique»

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Quand, en septembre 2003, j’ai pris la décision de créer l’Université des Comores, peu ne croyait qu’elle allait devenir ce berceau de la formation de nos élites.

-     Honorable assistance ; Mesdames et Messieurs ;

السلام عليكم ورحمة الله وبركاته

En ce jour marquant le début des festivités de la Fête nationale, j’ai, tout d’abord, le grand plaisir de vous remercier tous, de votre présence à cet Atelier.

Permettez-moi, ensuite, de féliciter le ministre de l’éducation nationale ainsi que l’Administrateur de l’Université des Comores et son équipe, pour avoir pris l’initiative d’organiser cette importante rencontre qui va nous permettre, d’une part, de dresser un bilan précis de la situation de notre Université, et d’autre part, de tracer ensemble, les voies et moyens à emprunter pour consolider cette institution qui me tient à cœur, depuis longtemps, et dont notre pays a grandement besoin.

Mesdames et Messieurs ;

Quand, en septembre 2003, j’ai pris la décision de créer l’Université des Comores, peu ne croyait qu’elle allait devenir ce berceau de la formation de nos élites.

J’ai, pour commencer, créé le Comité de Réflexion, d’Action et de Suivi pour la mise en place de l’Université et avec l’appui de ce Comité, nous avons, ensuite, conçu et élaboré les Termes de Références de l’étude ayant permis la mise en place des différentes composantes de cette Université.

Nous avons, en outre, identifié et recruté l’expertise et les ressources humaines nécessaires à son fonctionnement et nous avons élaboré les textes légaux dont, entre autres, les statuts des enseignants mais aussi ceux des autres personnels.

J’ai, contre vents et marées, mis à disposition, tous les moyens qui étaient en ma possession pour édifier et mettre en place les fondements de cette institution.

En quittant le pouvoir en 2006, j’ai donc laissé au pays une institution, certes jeune, mais prometteuse.

Les textes portant règlement général des études à l’Université des Comores ont été signés et le nouveau système Licence, Master, Doctorat (LMD) a été instauré, faisant ainsi de notre Université des Comores, une des toutes premières en Afrique à s’inscrire dans ce nouveau système.

Les modalités d’organisation du Doctorat ont été également définies et les équipes de recherches ainsi que les journées de promotion de la recherche ont été organisées. Il ne restait à mes successeurs qu’à mettre en œuvre l’ensemble des orientations et des actions qui ont été initiées.

Malheureusement, lorsque je suis revenu à nouveau aux affaires, j’ai constaté que tout était resté en l’état ou presque. Le nombre et la qualité des composantes sont restés identiques, les formations dispensées sont limitées à la Licence et à quelques parcours de Masters, et les statuts et les règlements initiaux n’ont pas évolué. J’ai alors dû reprendre quasiment le travail là où je l’avais laissé.

Chers participants ; Mesdames et Messieurs,

Ce constat fait, nous devons à présent tirer les enseignements majeurs de cet état de fait et inscrire notre Université dans une perspective d’avenir, car les enjeux et les défis qui s’offrent à l’UDC pour les prochaines années sont multiples et variés.

Notre Université a, en effet, l’obligation et le devoir de répondre aussi bien aux besoins de la modernisation des Comores qu’aux demandes multiples en matière de connaissances nouvelles, de valorisation de notre culture, de promotion des savoirs et du savoir-faire sur le plan national.

 

Elle doit également écrire une nouvelle page en étant guidé par l'ambition de son rapprochement avec le monde économique mais aussi le souci permanent de servir de levier pour soutenir le développement socioéconomique de notre pays.

Son ancrage au Plan Comores Emergentes est indispensable voire incontournable, compte tenu du fait que le Plan Comores Emergent, un grand projet global de construction, de transformation et de modernisation de l’économie nationale, est conçu pour nous permettre de relever ensemble, les nombreux défis auxquels notre pays est confronté.

Je voudrais rappeler que ce Plan a permis de cadrer notre ambition et d’orienter l’action de tous - Etat, secteur privé, corps intermédiaires, société civile, partenaires au développement, au service du développement de notre pays.

Comme cela sera certainement très bien expliqué au cours de cet atelier, le Plan Comores Emergent décline les socles essentiels de la construction de l’Emergence de notre pays.

Sa mise en œuvre a besoin du soutien de la communauté universitaire dans son rôle essentiel, en l’occurrence la formation des ressources humaines, mais aussi dans ses activités de recherche.

Les projets et actions envisagés dans le Plan Comores Emergent s’inscrivent dans la durée ; nous devons donc être à la hauteur des enjeux, en disposant des compétences et de l’expérience requises.

Mesdames et Messieurs les responsables de l’Université ;

Je salue le travail de redressement que vous avez entamé. J’ai lu et apprécié le rapport d’évaluation des formations en cours actuellement dans les composantes et je souscris pleinement à ses principales conclusions.

Toutefois, je voudrais vous dire que la rentrée universitaire 2021-2022 doit être l’occasion d’imprimer une nouvelle impulsion pour « faire de l’Université des Comores, un vecteur de cohésion sociale et de développement économique », comme le dit, si bien, votre slogan.

L’Université des Comores doit, en effet, créer les conditions les plus optimales pour accueillir les nouveaux bacheliers, dont un grand nombre ne pourra pas partir à l’extérieur en raison de différentes restrictions, notamment celles liées à la pandémie du Covid-19.

Des dispositions seront d’ailleurs prises par le Gouvernement, pour vous accompagner dans la mise en place, dès cette rentrée, d’un Office universitaire pour le Conseil et l’Orientation des nouveaux bacheliers et des étudiants, dans le choix de leurs formations supérieures.

Cet office deviendra la cheville ouvrière pour l’organisation, chaque année, d’un Salon annuel de l’Etudiant, pour permettre aux étudiants de mieux envisager leurs études universitaires et aussi pour promouvoir la relation entre l’Université des Comores et les milieux économiques.

Ce Salon devra être organisé sur les 3 Pôles universitaires nationaux à savoir le Pôle universitaire de Mohéli, le Pôle universitaire de Patsy et le Pôle de Ngazidja et Insha’Allah le pôle universitaire de Mayotte.

Par ailleurs, l'augmentation du nombre d'étudiants mais aussi les contraintes de la pandémie du covid-19 qui ne permettent pas à nos étudiants d’étudier à l’extérieur, impose l’ouverture de nouveaux cursus.

Ainsi, l’Université des Comores doit, dans un futur proche, se doter, dès cette rentrée, d’une Ecole doctorale pour permettre la préparation et l’organisation, dans les meilleurs délais, de la formation doctorale à l’Université des Comores.

En effet, les décrets sur l’organisation des études que j’ai eus à signer en 2005, permettent, dès à présent, de faire évoluer notre Université vers ce 3ème cycle.

Etant donné que ce cursus doctoral devra privilégier la                co-diplomation avec les Universités partenaires, une école doctorale pluridisciplinaire regroupant plusieurs unités ou équipes de recherche, existant actuellement, devra être mis en place, dans un premier temps.

Je ne doute pas que les conclusions et recommandations de cet Atelier, iront dans le sens de la mise en place d’une nouvelle offre de formation de Masters et de Licences qui permettront de mieux accompagner la mise en œuvre du Plan Comores Emergent.

L’offre actuelle de formation de l’Université des Comores doit, en effet, être revue et améliorée à travers la mise en place progressive de filières professionnalisantes.

Dans cette dynamique tendant à renforcer et à élargir l’offre de formation, j’estime aussi que le lancement du processus de transformation de l’Ecole de Médecine et de Santé Publique (EMSP) actuelle, en Faculté des Sciences médicales, est à envisager.

La production de nouvelles spécialités va s’appuyer sur le nouveau Centre Hospitalier Universitaire en cours de construction.

Enfin, l’Université doit impérativement concevoir et déployer une stratégie exemplaire d’introduction et de généralisation de l’usage du numérique. Elle doit devenir aussi le vecteur principal de l’appropriation des TIC au sein de l'Union des Comores et ce, pour réduire la fracture numérique.

 Nous devons, par conséquent, faire tout le nécessaire pour raccorder l’UDC, ses étudiants et son personnel au numérique et au haut débit.

Nous devons ainsi, faire bénéficier à la communauté universitaire, des multiples réservoirs de connaissances et de savoirs disponibles, notamment les réseaux sociaux, les sources d’apprentissage, les nombreux sites d’enseignement à distance, ainsi que les possibilités infinies de coopération et de collaboration régionale et internationale.

C’est dans ce sens que nous parviendrons à faire de l’Enseignement en général et de l’Université des Comores, en particulier, un levier de développement socio-économique, capable de contribuer à l’Emergence du pays, à l’Horizon 2030.

C’est sur ces quelques pistes de réflexion et tout en souhaitant plein succès à vos travaux, que je déclare ouvert, l’Atelier sur lethème « l’Université comme vecteur de cohésion et de développement économique ».

 

Je vous remercie.