Union des Comores

Unité - Solidarité - Développement

Présidence de la République

Adresse de S.E.M AZALI Assoumani, Président de l’Union des Comores, à la Jeunesse comorienne dans le cadre de la Célébration de la Fête de l’Indépendance du pays.

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J’attends de vous, chers jeunes, que vous ayez confiance en vous-mêmes et en votre pays et de vous y investir avec beaucoup de civisme et de patriotisme car votre pays dispose de tous les atouts pour assurer son avenir avec optimisme, réussir son développement et surtout, pour préserver la paix, la sécurité et le vivre-ensemble.

Université des Comores (Mvouni), le 04 juillet 2022

 

 

Honorable assistance, Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi une belle opportunité,  de prendre part avec vous, à cet atelier  sur un thème important,  en l’occurrence la jeunesse de notre pays et son avenir.

Cet évènement arrive à point nommé,  au moment où la délinquance et l’insécurité  sont entrain de prendre une ampleur inquiétante  dans notre pays, au risque de compromettre l’avenir de nos enfants  et plomber les efforts engagés par le Gouvernement,  dans le cadre de l’émergence de notre pays.

Notre pays vit, en effet, des moments particulièrement difficiles ces derniers temps, avec une montée inégalée et sans précédent,  des actes de violence.

Depuis fort longtemps,  notre pays n’avait point atteint  un tel niveau de violence.

Or, la sécurité a toujours été un bien précieux dans notre pays,  un bien hérité de nos parents,  que nous avons toujours su préserver jalousement  et dont beaucoup de pays nous envient.

Nous étions, en effet,  l’un des rares pays au monde  où l’on pouvait vaquer à ses occupations  ou circuler en toute quiétude dans la rue,  à n’importe quelle heure de la journée ou de la nuit.

Nous constatons,  avec une grande inquiétude,  que notre pays est en train de perdre ses grands atouts  qui sont la paix, la sécurité, l’humanité  et le sens du vivre ensemble.

Honorable assistance, Mesdames et Messieurs,

Nous sommes tous responsables  de la situation inquiétante dans laquelle  notre pays se trouve aujourd’hui.

Aussi bien au niveau des structures familiales,   religieuses, éducatives ou  étatiques,  nous avons tous, quelque part,  failli à notre mission d’éducation et d’encadrement de nos jeunes.

Aussi, devons-nous nous montrer plus ambitieux et innovants,  et revoir nos programmes en faveur de la  jeunesse  afin de les adapter aux besoins actuels  de ces jeunes  et aux enjeux du pays.

Mais au-delà de ces reformes,  nous devons nous interroger sur ce qui arrive à notre pays,  chercher à savoir dans quel domaine nous avons failli  et quelles sont les mesures à prendre, dans le court, moyen et long terme,  pour mettre fin à  ce cycle de la violence.

Rappelons-nous, Mesdames et Messieurs,  que plus de 65% de notre population est composée de jeunes de moins de 25 ans  ce qui constitue à la fois une force et une faiblesse, pour notre pays.

Ces jeunes ont besoin de s’occuper,  de mettre leur potentiel à contribution  et le résultat de leur dynamisme dépend de l’environnement familial,  socio-économique ou politique  dans lequel ils évoluent.

Si nous parvenons à encadrer, former, éduquer et créer des emplois pour ces jeunes,  et à leur permettre d’entreprendre,  nous en ferons un réel potentiel, des vrais acteurs de croissance économique  pour le progrès et la prospérité de notre pays.

Par contre  si nous les marginalisons, et les laissons sans aucune perspective d’avenir,  nous en faisons des cibles et des proies faciles  pour les extrémistes de tout bord.

            Ainsi, je demande aux familles, aux religieux, à la notabilité  de prendre leurs responsabilités face à notre jeunesse.

Je demande aux services chargés de l’éducation et de l’emploi  de renforcer les synergies et de développer collectivement des programmes de sensibilisation,  sur les opportunités qu’offre le pays en faveur des jeunes.

J’enjoins, en outre,  les départements concernés de la sécurité et de la justice  de développer des mécanismes de veille, d’alerte, d’information, de sensibilisation,  de médiation et de gestion efficace des conflits,  afin d’inculquer le vivre ensemble et régler les conflits de manière ma plus appropriée.

C’est par ces actes qui renforceront l’éducation,  la formation, la paix, la stabilité et la cohésion sociale  que nous aiderons nos jeunes  à prendre le chemin de la réussite,  pour devenir les dirigeants responsables et consciencieux de demain.

C’est ce que nous attendons de vos travaux, de vos débats. Il y va de notre quiétude à tous, de notre sécurité à tous,  mais aussi de la crédibilité et de l’avenir de notre pays.

  Je compte alors sur chaque responsable de ce pays,  pour remplir ses missions,  afin de sécuriser ce pays et sauver sa jeunesse,  pour que nous puissions atteindre nos objectifs d’émergence,  dans l’intérêt de tous.

J’attends de vous, chers jeunes,  que vous ayez confiance en vous-mêmes et en votre pays  et de vous y investir avec beaucoup de civisme et de patriotisme  car votre pays dispose de tous les atouts  pour assurer son avenir avec optimisme,  réussir son développement et surtout, pour préserver la paix, la sécurité  et le vivre-ensemble.

Honorable assistance, Mesdames et Messieurs,

Je tiens, avant de conclure,  à m’adresser, avec toute la clarté que cela suppose,  à tous ceux qui veulent faire de ce pays, une zone de non-droit,  que la violence, quelle qu’en soit son origine,  ne sera pas tolérée dans nos îles.

La paix et la sécurité de ce pays  sont nos seules richesses,  et le Gouvernement ne permettra à qui que          ce soit,  de les remettre en cause.

Je demande, une fois encore,  aux Forces de l’ordre,  de redoublez de vigilance, mais aussi au système judiciaire  d’agir avec célérité, là où il le faut,  pour rendre justice, car la situation devient intenable.

Je renouvèle la solidarité du Gouvernement avec toutes les victimes des actes barbares.

Je saisis, également cette occasion  pour renouveler à la famille de feue Madame Sitti Hafsoit Dhiffir,  qui a perdu la vie récemment, dans des circonstances affreuses et inhumaines,   nos sincères condoléances et notre sympathie.

 Qu’Allah le Tout-puissant l’accepte dans son Paradis éternel  et que justice lui soit rendue au plus vite Insha-Allah.

Me Gouvernement et moi-même,  ferons tout ce qui est en notre pouvoir,  pour la prévenir mais aussi pour traquer, appréhender, punir  tous les auteurs de crimes ou d’actes susceptibles de créer l’insécurité et les empêcher de compromettre l’avenir de ce pays.

 

Je vous remercie.