Union des Comores

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Présidence de la République

DISCOURS de Son Excellence AZALI Assoumani, Président de l’Union des Comores, lors de l’ouverture du Premier Salon du Livre Océan Indien

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Salon du livre Comores

Honorable Assistance,

Distingués Invités, Mesdames et Messieurs,

C’est  un réel  plaisir d’être parmi  vous  ce lundi  13  Mars 2017 , pour procéder à l’ouverture officielle   du  premier  Salon du Livre : Comores- Océan indien .

A cette occasion, je tiens d’abord à rendre grâce à Allah, qui m’a permis d’inaugurer le premier Festival National des Arts et de la Culture Comoriens (Fesnaco) en Mars 2000, et Qui a voulu qu’en ce mois de Mars 2017, je vienne lancer le premier Salon du livre des Comores et de l’Océan Indien.

Ces deux évènements ont en commun de véhiculer deux valeurs qui me sont chères et pour lesquelles, citoyen ou homme d’Etat, j’ai toujours milité   : il s’agit du Rayonnement de la Culture comorienne et de l’Epanouissement de notre Jeunesse.

Je voudrais ensuite remercier et féliciter les initiateurs et les promoteurs de ce Salon, en particulier les membres de son Comité d’organisation, au premier rang desquels, vous me permettrez de citer notre grand frère Docteur Damir Ben Ali qui préside le comité scientifiqueet qui  est l’un des pionniers de la recherche scientifique aux Comores, lui qui depuis les années 70, a largement contribué à la collecte des traditions orales historiques de notre pays.

Je cite également  les autres membres du Comité, notamment le Docteur Ahmed Ouleid, Président de ce salon ainsi que Monsieur Moussa Saïd, Madame Djabhati Saïd Ibrahim et l’écrivain Saïd Ahmed Saïd Tourqui. 

Je remercie vivement les partenaires institutionnelles et financiers, grâce à qui cette première édition du Salon du Livre Océan Indien a pu se tenir aujourd’hui en Union des Comores et je remercie en particulier l’Ambassade de France à Moroni, à travers son Service de Coopération et d’Action Culturelle ainsi que les écrivains de l’Association Bandacomé.

Je remercie enfin les écrivains, les libraires et les éditeurs de la région pour leur présence et je leur souhaite une chaleureuse bienvenue en Union des Comores où ils pourront, à l’occasion de ce salon, découvrir ou redécouvrir notre littérature et échanger avec leurs homologues comoriens. 

A n’en pas douter, ce grand événement culturel en Union des Comores, est une heureuse opportunité de promouvoir la littérature comorienne, de révéler aux autres Nations, en particulier à nos voisins de l’Océan Indien, sa richesse, sa diversité, et d’œuvrer à son rayonnement au niveau mondial.

Mesdames et Messieurs, 

La production littéraire d’inspiration comorienne émerge et affiche ses ambitions, dans un environnement favorable pour lequel, l’Etat a toujours contribué, malgré ses maigres ressources, car la littérature est une richesse qui véhicule le savoir et les valeurs de la Nation.

C’est ainsi que l’Etat a toujours accompagné les initiatives de promotion culturelle, littéraire et artistique, notamment :  

  • l’essor des 15 Centres de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC), repartis dans les zones rurales de nos îles et favorisant l’accès aux livres, à l’information et aux activités socio-culturelles.
  • La mise à la disposition des artistes comoriens d’un site à Mavouna pour leur épanouissement 
  • La ratification des accords de Florence, de la convention internationale pour la diversité des expressions culturelles, et de la convention internationale pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel,  
  • Les évènements littéraires comme le Kalam d’Or pour encourager la production littéraire d’inspiration comorienne d’expression française ou arabe et valoriser notre multilinguisme, les Escales culturels  
  • Les évènements artistiques dont le festival d’arts contemporain des Comores (FACC), le Festival international  du Film des Comores (CIFF) et Medina festival.

Certes le marché du Livre est fragilisé par le niveau économique qui pénalise les lecteurs à faibles revenus.

Toutefois, je reste convaincu que ce marché rebondira à partir du succès de ce salon et pour y contribuer, nous mettrons enfin en œuvre les accords de Florence pour favoriser l’accès au livre de tous les Comoriens.  

Mesdames et Messieurs, 

Un écrivain Français disait avec justesse que « le livre est une fenêtre ouverte sur le monde ».

En tant qu’insulaires, nous aspirons encore plus que les continentaux, à cette ouverture sur le monde. Notre insularité nous a légué en héritage, le contact avec les différents courants de civilisation et, aujourd’hui, nos auteurs font revivre cette pluralité. 

Le livre comorien a su, au fil des intrigues des Romans, de la Poésie ou des cantiques, se hisser au rang de Musée, de sanctuaire et perpétuer plus que les autres, le rôle de conservateur de nos valeurs culturelles au milieu d’une mondialisation uniformisant.

Même si la littérature comorienne, fut longtemps en grande partie, véhiculée par la tradition orale, nous retrouvons dans ce domaine, un vaste héritage historique écrit, depuis l’ère Mbae Trambwe, en passant par les œuvres littéraires du prince Said Bakary (1886), d’Abdul Latwif Msa Fmu (1898), d’Abdul Ghafur Bin Sultan Jumbe Fumu (1917), du Prince Said Hussein (1934), à celles de Twabibu Ahmadi, Burhane Mkele et Selim Bin Abakar. 

Ainsi, les écrivains comoriens francophones, de Mohamed Toihir à Aboubacar Saïd Salim, en passantparSoeuf Elbadawi, au feu Salim Hatubou paix à son âme, Alain-Kamal Martial, Abderemane Wadjih et la toute jeune Touhfat Mouhtar Ahmed Charif, ainsi que leurs confrères arabophones, notamment Feu l’éminent Docteur Said Omar Abdallah connu sous le nom de Mouigni Baraka, Dr Hamidou Karihila et ceux de langue comorienne et Swahili, en remontant aux lointains Umayyades et aux Chiraziens qui ont fondé les villes de Domoni et de Ntsaweni,  les écrivains comoriens d’aujourd’hui, appartiennent à une longue filiation littéraire et ont de qui tenir. 

En effet l’Archipel des Comores, qui au cours de son histoire millénaire et sa diversité culturelle ancestrale, a participé à l’émergence et à la construction des civilisations et de l’identité de l’Océan Indien, renoue avec son riche passé et a donc toutes les raisons d’accorder un intérêt majeur à la promotion de Livre et a donner toute sa place à la Littérature.

Mesdames et Messieurs, 

L’Union des Comores qui, ces 15 dernières années, édifie et approfondit son expérience démocratique, a une autre raison de soutenir l’affermissement de la place de la culture dans la stratégie de développement durable. 

En effet, la Littérature est une grande facette de la liberté d’expression, d’opinion et de création, qui véhicule les valeurs de liberté, d'égalité et de solidarité. 

Le Gouvernement comorien, prend donc la mesure du devoir qui incombe à l’Etat, de protéger le patrimoine culturel matériel et immatériel du pays et entend donc œuvrer au renforcement à la diffusion et au rayonnement de la culture nationale et régionale.

Ainsi, en ces temps où la violence extrême, à travers le terrorisme abject, déchirent les différentes régions du monde, défigurent les religions, en particulier notre religion l’Islam et défie toutes les valeurs humaines, les ponts culturels et le dialogue interculturel restent les meilleur moyens, d’assoir durablement la coexistence et les échanges entre les peuples et entre les civilisations.

C’est sur des base de recherche et de compréhension de l’autre et non sur la domination et l’affrontement, que nous pourrons faire des valeurs culturelles, de la différence et de la diversité, non seulement des source de savoir et de sagesse mais aussi un socle solide pour bâtir la sécurité collective, le développement durable et un avenir meilleur et prospère pour l’Humanité.

C’est sur ce mot Humanité que je clos mon propos et que je déclare ouvert, le premier Salon du Livre – Comores Océan Indien. 

Je vous remercie.