Union des Comores

Unité - Solidarité - Développement

Présidence de la République

Discours de son Excellence Monsieur AZALI Assoumani, président de l’union des Comores à l’occasion de l’investiture du nouveau secrétaire général de la commission de l’Océan indien

Publié le


- Madame la Présidente de l’Ile Maurice
- Monsieur le Représentant du Président du Conseil de la COI
- Monsieur le Président de la République de Madagascar
- Monsieur le représentant de la République des Seychelles
- Monsieur le Premier Ministre,
- Monsieur le Secrétaire Général de la C.O.I
- Messieurs les représentants des pays membres
- Distingués invités en vos titres, grades et qualités respectifs
- Honorable assistance
- Mesdames et messieurs

Permettez-moi tout d’abord d’exprimer, au nom de l’Union des Comores, notre profonde gratitude à Madame la Président de la République de Maurice, au Premier Ministre et à son Gouvernement, et à l’ensemble du peuple mauricien, pour l’accueil chaleureux et fraternel qui nous a été réservé, à cette occasion et à chaque fois que nous avons foulé cette terre de l’Ile Maurice.

Je voudrais leur dire tout le plaisir qui est le mien, de me retrouver régulièrement dans ce pays, auprès de ce peuple ami, symbole de dynamisme et de progrès.

Je voudrais également leur adresser notre reconnaissance et nos sincères félicitations, pour les excellentes dispositions prises, pour que, comme à l’accoutumé, cette cérémonie se déroule dans les meilleures conditions.

Je souhaite enfin remercier le Secrétaire Général de la COI, mon grand ami De l’Estrac, pour son dévouement et son engagement au service de notre organisation régionale.

Mesdames et Messiers,

Venir à l’ile Maurice est toujours pour moi un moment merveilleux. Merveilleux pour l’homme, parce que j’y  entretiens des relations de franche et sincère amitié. Merveilleux pour le Président de la République, parce que j’ai eu à constater la solidité des relations anciennes entre l’ile Maurice et mon pays.

En effet, c’est ce pays qui m’a offert cette occasion exceptionnelle de parler au monde en décembre 2005 dans cette conférence des bailleurs de fonds au profit de mon pays. J’y étais particulièrement sensible à tant d’égard, d’attentions et de mobilisation de l’Etat Mauricien.

C’est dans ce grand rendez-vous que j’ai eu à prononcer mon dernier discours au niveau international, en tant Président de la République de mon pays, après avoir organisé les élections présidentielles les plus transparentes de l’Histoire de notre jeune Nation. Et aujourd’hui, c’est avec beaucoup d’émotion  que je reviens ici, toujours en tant que Président de la République pour y prononcer cette fois  le premier discours de mon mandat au niveau international.

C’est avec un très grand plaisir que je viens ici être le témoin de ce passage de flambeau entre mon ami De L’Estrac qui a conduit notre organisation avec beaucoup de dynamisme, de maturité, de finesse et de sagesse diplomatiques, et Hamada Madi Boléro que je connais si bien.

Avec lui, la COI a sa tête, un homme d’une très grande qualité intellectuelle, doté d’une riche et solide expérience, qui compte parmi les élites de mon pays, et qui, j’en ai la conviction intime,  saura apporter avec sa touche qui lui est si personnelle, ce dont cette organisation a réellement besoin pour son épanouissement dans nos Etats et sa place dans le concert des Nations, notamment sur notre Continent.

Je sais, pour avoir travaillé avec lui de longues années, et avec les précieux conseils de mon ami De l’Estrac, qu’il saura prendre les mesures adéquates, qui valoriseront encore davantage les sommités intellectuelles de nos Etats d’une manière équitable et qui lui donneront encore plus d’envergure.

Notre organisation doit par ailleurs, d’une manière concrète, lutter contre les barrières artificielles qui existent entre nos Etats et qui sont un frein au développement économique de notre région. Il n’est pas acceptable que les opérateurs économiques de l’Océan Indien continuent à éprouver autant de difficultés pour se rencontrer ou pour s’expédier des marchandises. Nous devons donc sortir des sentiers battus et nous doter des moyens multiformes pour impulser une véritable dynamique économique. L’augmentation des échanges entre nos Etats passera inévitablement par la naissance d’une société régionale de transport maritime.

Et il est encore plus inacceptable, que dans ce monde où les hommes se rapprochent de plus en plus, ou la planète est devenue un village, que les citoyens de notre organisation éprouvent autant de difficultés à se mouvoir. Il doit être possible d’aller d’un point à l’autre de notre région le moins de temps possible, et à un coût raisonnable. Cela ne peut avoir qu’un effet positif dans le rapprochement de nos Etats et dans leur émancipation.

Monsieur le secrétaire général entrant, vous, ainsi que l’ensemble des pays membres de notre organisation, avez aussi la lourde tache de prendre en compte ce litige regrettable, qui oppose mon pays à son partenaire principal, membre de notre organisation régionale et néanmoins amie, la France, concernant l’intégrité territorial de l’Union  des Comores.

Nous devons ensemble œuvrer dans le sens d’une solution mutuellement consentie à la question de l’Ile comorienne de Mayotte, dans l’intérêt des peuples français et comorien, de la stabilité de notre région et du respect du Droit International. 

Je me permets à ce sujet de dire mon émotion devant ces images de violences particulièrement graves auxquelles nous assistons ces dernières semaines, où des comoriens persécutent d’autre comoriens dans cette île. Et je sais que c’est un dossier sur lequel, vous avez beaucoup apporté ces dernières années, dans le but singulier de mettre fin à ces horribles tragédies qui se passent sous nos yeux dans ce bras de mer entre Anjouan et ses îles sœurs Mayotte, tristement devenu, le plus grand cimetière marin au monde.

C’est pourquoi, je demande donc, pour conclure, au nouveau Secrétaire Général de la Commission de l’Océan Indien, mon ami, Hamada Madi Boléro de faire du rapprochement de nos États et du développement économique de notre région, ses priorités. Je lui souhaite dans ces nouveaux défis, bon courage et qu’Allah le protège et l’accompagne. 

Je vous remercie.