Union des Comores

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Présidence de la République

La délégation maoraise a été reçue à Beit Salam

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Peu après la fin de la cérémonie de clôture des Assises Nationales, le Président de la République Azali Assoumani a reçu la délégation des 26 maorais qui ont participé à cet événement national.

C'est le Ministre des Affaires Etrangères qui a pris la parole le premier dans le salon des Ambassadeurs pour d'abord souhaiter la bienvenue aux frères de l'île de Maoré. « Nous sommes des frères et ce que l'histoire et la géographie ont fait, nul ne peut le changer. Nous avons entamé des négociations sérieuses avec le Gouvernement  français dans le but de trouver une solution définitive à ce contentieux. Le Gouvernement comorien multiplie les signaux de ce rapprochement naturel. C'est ainsi que le Président de la République Azali Assoumani a souhaité que  dans le  quota comorien du pèlerinage à la Mecque, les maroais soient prioritaires. Pour ce qui est des compétitions sportives régionales, nous ne ménageons aucun effort pour que les jeunes maorais ne soient pas pénalisés. Nous avons un destin commun, et même les investisseurs privés l'ont parfaitement intégré. En effet, lorsqu'ils viennent aux Comores, ils visent un marché des 4 îles de l'Union des Comores. Et enfin, il n'y a pas de visa d'entrée  pour les maorais, preuve de la continuité territoriale. Et le reste nous le mettons sur la volonté d'Allah » a dit le Ministre des Affaires Etrangères.

Puis c'est le notable Abbas Bacar qui s'est exprimé au nom de la délégation maoraise, d'abord pour remercier les autorités comoriennes de l'accueil et du traitement  qu'ils ont eu durant ces Assises Nationales. « Nous sommes très confiants et sensibles à la sincère volonté de nos frères des autres iles de faire en sorte que nous puissions nous réunir. Nous voyons des signaux importants. Aussi nous prions Allah le Tout Puissant pour que tout cela puisse aboutir dans un climat  de sincérité et de vérité »  a dit dans une brève intervention Mr Abbas Bacar.

Et enfin le Président de la République, accompagné, pour l'occasion, de la Première Dame a rappelé que l'Histoire est faite par les hommes mais que la Géographie est faite par Allah. Aussi, il n'est pas utile de dire aux maorais qu'ils sont comoriens, parce que c'est un fait. « Le plus important aujourd'hui c'est de définir une véritable stratégie du retour de Mayotte dans son ensemble naturel » a dit le Président de la République. «  Je reconnais que la classe politique comorienne a raté plusieurs rendez-vous dans la problématique maoraise. En effet, lorsque les Comores sont allés faire leur adhésion aux Nations Unies, la France n'a pas fait usage de son droit de véto de pays membre du Conseil de Sécurité. C'était un signal que nous n'avons pas su exploiter. Monsieur Valérie Giscard D'Estaing, alors qu'il était Président de la République française, a dit au sujet des Comores qu'il ne peut pas défaire ce que l'histoire et la géographie ont fait. Et là encore nous n'avons pas su exploiter. Mr François Mitterrand, Président de la République française en visite à Moroni a dit ceci : « il y a plusieurs formes d'unité et nous vous aiderons à faire le choix » et là encore une fois malheureusement la classe politique comorienne n'a pas été capable de saisir cette opportunité offerte par un Président français » a poursuivi le Président de la République. « La départementalisation n'est pas une fin en soi et l'Histoire de la France est là pour le prouver. Donc nous devons multiplier nos rencontres et échanges pour mieux consolider nos relations fraternelles. Je me souviens que durant mon premier mandat, la jeunesse d'Ikoni avait organisé une grande compétition de Basket dans laquelle devait participer une équipe maoraise. Ils se sont sentis obligés de venir demander une autorisation, alors que c'est une chose qui doit être naturelle. Nous devons multiplier nos rencontres dans le sport, la culture, la religion et le commerce pour que nos enfants puissent tisser ces liens de fraternité. Et pour la petite histoire de cette compétition à la quelle j'ai participée à l'époque, c'est qu'un jour j'ai rencontré quelqu'un à Mitsoudjé et je lui ai dit que son visage m'était familier. Il a alors sorti une photo prise à Beit Salam avec moi les jeunes maorais et  ikoniens. Et il m'a dit cette phrase extraordinaire : « Monsieur le Président, pour nous les maorais c'est mieux et moins cher de venir à Moroni et Mutsamudu que d'aller à la Réunion ou en France ». Nous sommes donc condamnés à vivre ensemble pour plusieurs raisons, que rien ne peut démolir » a conclu le Président de la République.